Investir en obligations : explications, risques, méthode


Sommaire
Les obligations reprennent des couleurs !
Après une décennie de taux bas, les obligations ont progressivement été boudées par les investisseurs. Mais la conjoncture (inflation) et la hausse brutale des taux directeurs des banques centrales en 2022/ 2023 ont redonné de l’éclat aux obligations.
Comment y investir ?
C’est quoi une obligation ?
Une obligation est un titre de créance qui peut être échangé en Bourse.
C’est une forme de prêt : en achetant une obligation, un investisseur “prête” un capital à une société en l’échange d’un coupon (le taux d’intérêt) pendant une durée définie (la maturité).

Le fonctionnement d’une obligation
Pour se financer (et au lieu lever des fonds contre ses actions ou de contracter un prêt auprès d’une banque), une entreprise émet 1 000 obligations à 5 000 € à 5% avec une maturité de 5 ans (simple exemple) pour un montant total de 5 M€.
Des investisseurs achètent l’obligation lors de son émission à 5 000 € et ce montant va dans les poches de l’entreprise.
Chaque année et tant qu’il détient l’obligation dans son portefeuille, l’investisseur reçoit un coupon de 5% (250€ par obligation).
À l’échéance des 5 ans, l’entreprise rembourse le capital de 5 000 € (on parle de remboursement in-fine).
Ça, c’est pour le fonctionnement basique d’une obligation car il peut y avoir plusieurs types d’obligations et de nombreux paramètres.
Voici le jargon et les principales caractéristiques des obligations :
- La valeur nominale (ou faciale) correspond au montant prêté. Cette valeur représente une fraction du montant de l'emprunt obligataire. Le coupon est calculé sur cette valeur.
- Le coupon : c’est le montant des intérêts que l'emprunteur versera aux porteurs des obligations.
- La maturité : c’est la période entre l’émission de l’obligation et le remboursement du capital (échéance).
- Le prix d'émission est le prix payé par l’investisseur lors de l’émission. Ce prix peut être différent de la valeur nominale. On parle d'une émission « au pair » si les obligations sont émises à la valeur nominale.
Les termes de l’obligation sont connus à l’avance et il en existe différents types.
Il y a deux types d'émetteurs d'obligations :
- Obligations d’Etat : Pour se financer, il emprunte sur les marchés en émettant des obligations (c’est notre fameuse dette). Plus un Etat est considéré comme solide, plus il peut prétendre à emprunter avec des taux bas.Ce type d’obligations est considéré comme plutôt “sûres” car un Etat ne peut en théorie pas faire faillite.
- Obligations d’entreprises : les entreprises peuvent également émettre des obligations. Ces obligations sont considérées plus risquées que les obligations d’Etat et procurent généralement de meilleurs rendements.
🔍 Selon la solidité de la société qui émet une obligation, le risque de celle-ci varie. Les agences de notations ont pour métier d'évaluer la solvabilité d'un émetteur.
Ainsi, les obligations se partagent en deux catégories :
- Investment Grade : Émises par les sociétés les mieux notés mais prétendent à des taux d'intérêts plus bas.
- High Yield : Émises par des sociétés moins bien notés (théoriquement moins solides) et prétendent à des taux d'intérêts plus élevés.

Pourquoi le prix d'une obligation varie ?
Une obligation peut être cotée en Bourse et est donc librement échangeable. Son prix varie en fonction de l’offre et de la demande d’une part, mais dépend surtout des taux d’intérêt sur le marché (eux-mêmes directement liés au taux directeur de la Banque Centrale).
Essayons de comprendre la mécanique :
- Année 1 : le taux directeur de la Banque Centrale est à 1%
- Une entreprise émet une obligation à 3% (un premium de + 2% par rapport au taux directeur)
- Année 2 : le taux directeur de la banque Centrale passe à 3% (pour lutter contre l’inflation par exemple)
- Cette même entreprise émet une nouvelle obligation à 5% (le même premium de +2% par rapport au taux directeur).
- Sur le marché, il y a maintenant des obligations émises il y a 1 an à 3% et de nouvelles obligations à 5% pour la même entreprise. En tant qu’investisseur, je vais avoir tendance à privilégier les obligations à 5% car plus rémunératrices à risque égal (il s’agit de la même entreprise).
- Le prix des obligations à 3% va donc devoir s’ajuster pour redevenir attrayant aux yeux des investisseurs. Le prix de l’obligation va donc baisser.
🔍 Cela peut paraître contre-intuitif mais le prix d’une obligation varie en sens inverse des taux d’intérêt sur le marché (porté en grande partie par le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale).
C’est d’ailleurs pour cette raison que les obligations redeviennent intéressantes : les taux directeurs ont grimpé en flèche depuis 2 ans (10 hausses consécutives en l’espace de 2 ans) pour s’établir aux alentours des 4%.
Pourquoi s’intéresser aux obligations aujourd’hui ?
Tu l’as compris : le prix des obligations varie en sens inverse des taux d’intérêt. Et aujourd’hui, le rendement des obligations redevient attractif avec un taux directeur qui s’établit à 4%.
Les nouvelles obligations émises affichent des taux supérieurs à 4%. Mais l’opportunité ne réside pas exclusivement dans le taux. Elle se joue également dans l’évolution potentielle du prix des obligations car si les taux étaient amenés à baisser, le prix des obligations évoluerait à la hausse.
Beaucoup d’investisseurs s’intéressent aujourd’hui aux obligations car pour eux, il y a une fenêtre de tir avec le scénario et les hypothèses suivantes :
- Les taux directeurs ont été relevés pour juguler l’inflation
- Les obligations sont aujourd’hui émises à des taux intéressants
- L’inflation reste élevée mais paraît maîtrisée (hypothèse)
- L’inflation pourrait donc baisser dans les prochains mois sous l’effet de la politique monétaire (hypothèse)
- Si l’inflation baisse, les Banques Centrales pourraient baisser leurs taux directeurs (hypothèse)
- Et donc le prix des obligations émises aujourd’hui pourrait grimper.
Dans ce scénario, investir aujourd’hui dans des obligations est une bonne idée : les taux distribués par les obligations sont intéressants (et permettent de se protéger de l’inflation) et l’obligation elle-même peut apporter une plus-value à moyen terme.
Sauf que…
Ce ne sont que des hypothèses et on n’en sait rien 😇
L’actualité nous ramène à la réalité et les tensions géopolitiques persistent (il se peut qu’on n’ait pas encore gagné la guerre contre l’inflation et donc aucune certitude quant à la baisse des taux sur le court/moyen terme).
Il n’empêche que les obligations qui ont été boudées ces dernières années (période de taux bas) redeviennent avantageuses aux yeux de l’investisseur et pourraient reprendre une bonne place dans leurs portefeuilles.
Les obligations sont une classe d’actifs généralement moins volatils que les actions.
🔍 Le principal risque d’une obligation réside dans la capacité de l’émetteur à rembourser les intérêts et le capital (et donc éviter le défaut de paiement et la faillite). Le marché obligataire est un marché de moyen et long terme. Plus la durée de vie de l’obligation est longue, plus le risque attaché à l’obligation est élevé.
Comment investir en obligations ?
Investir en direct dans des obligations n’est pas chose facile pour l’investisseur particulier. Les tickets d’entrée pour acheter une obligation sont très élevés. C’est donc un marché essentiellement institutionnel.
Pour investir en obligation :
- Investir dans des fonds actifs : ce sont des fonds gérés par des professionnels de la finance. Ces acteurs peuvent intervenir sur le marché primaire (lors de l’émission des obligations) et sur le marché secondaire (acheter et vendre des obligations déjà émises). Il existe également des fonds datés qui sont des fonds à échéance : tu investis aujourd’hui dans un fonds daté et les obligations en portefeuille seront conservées jusqu’à l’échéance.
- ETF obligataires : comme il existe des ETF actions, il existe également des ETF obligataires (il faudrait détailler le fonctionnement dans une édition dédiée).
- Investir en direct grâce à depuis peu (mi-septembre 2023), il est possible d’acheter des fractions d’obligations grâce au courtier Trade Republic. C’est une petite révolution dans le monde des obligations (investment grade) car tu peux toi-même te constituer ton portefeuille d’obligation à partir de 10€. [Partenariat Rémunéré]

Et la fiscalité dans tout ça ? 🤓
Tout dépend de ton enveloppe fiscale (assurance-vie, compte titres, etc.). Les obligations ne sont pas disponibles dans un PEA (réservé exclusivement aux actions européennes et hors ETF obligataires éligibles).
Dans un compte titres, c’est le Flat Tax qui s’applique en France (30% sur les plus-values/coupons).
A lire aussi : Pourquoi ouvrir un compte chez Trade Republic ? Mon avis
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