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Augmenter ses chances

Swing trading : 5 règles à suivre pour améliorer sa performance

Nicolas Chéron
Interview de Christophe d'InvestirZen avec Nicolas Chéron lors du Sommet de l'Investisseur

Sommaire

Lors du Sommet de l'Investisseur, j'ai retrouvé Christophe d'InvestirZen pour un webinaire centré sur cinq concepts qui peuvent changer la performance d'un trader au fil de sa carrière. Christophe est sur les marchés depuis 2005, principalement en PEA pour la fiscalité. C'est un ami de longue date, et nous animons des webinaires ensemble depuis dix ans. Sa spécialité, c'est l'analyse graphique appliquée au trend following et au swing trading. Sa méthode tourne autour de configurations qui se répètent, avec très peu d'analyse fondamentale.

Le sujet du jour : les règles à respecter pour aller chercher de la performance sur des configurations explosives, sans se faire vider le compte par les pertes mal cadrées.

Christophe d'InvestirZen, 20 ans à lire les graphiques et faire du swing trading

Christophe a ouvert son premier PEA en 2005, et il n'a plus quitté les marchés depuis. Il fait du trend following et du swing trading, principalement en analyse graphique. Quand on regarde son cursus, on comprend tout de suite à qui on parle : un praticien qui a accumulé les heures de chart, qui a vu passer les cycles, et qui a fini par construire une méthode autour de configurations qu'il a vues mille fois revenir.

Il anime aussi une formation suivie par plus d'un millier de traders. Vous pouvez d'ailleurs retrouver mon Avis sur InvestirZen : la meilleure formation d'analyse technique.

Rappel en swing trading : Les gros mouvements ne viennent pas des bons fondamentaux

Christophe a ouvert sa présentation par une capture qui pose bien le décor : les plus gros mouvements sur six mois des dix dernières années en bourse française. Premier constat, on connaît peu les noms qui apparaissent. Beaucoup sont des sociétés qui brûlent du cash et empilent les pertes.

Les plus gros mouvements sur 6 mois des 10 dernières années en bourse

Deux exemples très frais. Abionx, qui a pris environ 300 % en peu de temps en 2025, avec un cash flow négatif. Capital B (anciennement The Blockchain Group), qui a fait +514 % fin 2024, puis encore près de +1000 % entre avril et juin 2025.

Christophe résume avec une phrase qui mérite d'être encadrée : "Les gens n'achètent pas des bons fondamentaux, ils achètent des belles histoires." Les gros mouvements naissent dans les belles histoires. C'est rarement la qualité du bilan qui les déclenche, et c'est exactement ce que l'analyse graphique attrape mieux que le fondamental.

Règle n° 1 : Evitez le hasard avec un model book

Premier concept. Christophe distingue le hasard et la probabilité avec une image qui marque. Un homme traverse l'autoroute en courant les yeux fermés. Il arrive de l'autre côté et dit à son ami : "Tu vois, j'avais raison." Ça, c'est le hasard. Maintenant, faites traverser cet homme 100 fois de suite, toujours les yeux fermés. Les chances qu'il finisse intact sont nulles. Ça, c'est la probabilité.

Cette distinction compte parce que sur une vie de trader, on prendra toujours plus de 100 trades. Christophe a fait le calcul pour secouer ceux qui pensent qu'ils peuvent improviser. Si vous prenez trois trades par semaine entre 20 et 70 ans, vous arriverez à 7 800 trades. Si vous avez 50 ans et deux trades par mois jusqu'à 70 ans, c'est 480. Et même dans le scénario le plus défavorable (60 ans, un trade par mois jusqu'à 70 ans), c'est 120. Aucun cas où les probabilités ne finissent pas par parler.

Sa méthode pour sortir du hasard, c'est le model book. Capturer chaque jour les trades pris, les trades qu'on aurait aimé prendre, et les gros mouvements visibles dans les palmarès. On les analyse, on les compare. Au bout d'un moment, des configurations identiques se répètent. Elles n'ont rien d'aléatoire. C'est ce qui fonde une stratégie : repérer 4, 5, 6 configurations à fort taux de réussite, qui apparaissent souvent, et les trader systématiquement. Une seule configuration bien identifiée, tradée chaque fois qu'elle apparaît, vaut mieux que vingt approximations.

Probabilités de réussite à partir d'une configuration en analyse technique

2° Le stop loss, c'est la ceinture de sécurité en swing trading

Deuxième concept. Quand on regarde un historique de trades, ce qui creuse la courbe d'equity, ce sont les grosses pertes. Les petites pertes et les petits gains s'annulent à peu près. Si on supprime les grosses pertes, les gros gains restent et font le job.

Petites et grosses pertes en bourse

L'outil pour ça, c'est le stop loss. Un ordre automatique placé chez le courtier, qui vend dès que le cours casse un niveau prédéfini. Christophe a montré un cas concret de l'année. Sans stop, la perte sur la séance était de 14 %, et ça continuait à chuter. Avec un stop sous le plus bas de la bougie de la veille, la perte se serait limitée à 2,16 %. C'est tout ce qu'il y a à comprendre.

L'image qu'il utilise, c'est la ceinture de sécurité. On la met chaque fois qu'on monte en voiture, même si on ne l'a jamais utilisée. Le jour où on en a besoin, on est content de l'avoir. "On préfère 98 % qu'elle soit utile plutôt que de penser aux 2 % où elle ne fera pas grand-chose."

Christophe insiste aussi sur les dates de publication. Un gap baissier le matin d'une publication mal accueillie, ça ne se gère pas avec un stop. Il a montré quatre exemples de l'année, tous violents. La règle qu'il applique : avant de prendre une position, regarder l'agenda de publication. Si la société publie dans la semaine et qu'on n'a pas accumulé de gain pour absorber un mauvais coup, on sort par principe de précaution.

Une question est revenue plusieurs fois pendant le live : "mes stops sautent toujours, le marché fait des mèches à chaque fois." La réponse de Christophe est nette. Si vos stops sautent à chaque fois, ils sont mal placés ou vous tradez les mauvaises configurations. Sur une valeur très volatile, un stop à 5 % se fait prendre par le bruit normal du marché. Il faut adapter le stop à la volatilité du sous-jacent. Et c'est exactement ce que sert à calibrer le model book : à force d'analyser des centaines de configurations, on sait à quel niveau placer son stop pour ne pas se faire avoir par une mèche inutile.

Exemples de stop loss en trading

3° La taille de votre position se calcule avant l'achat

Troisième concept. Doser sa taille de position, c'est piloter sa vitesse en virage. À 50 km/h, on passe sans encombre. À 90, on est à la limite. À 120, on finit dans le décor. La seule différence entre les trois scénarios, c'est le dosage.

Pour calculer une taille de position, deux éléments sont obligatoires : un stop loss défini à l'avance, et un risque maximum accepté en euros. L'exemple que Christophe a déroulé est volontairement simple. Action Orange, cours d'entrée à 10,40 €. Stop loss placé à 9,65 €, parce que c'est le niveau où le scénario est invalidé. Risque par action : 0,75 €. Risque total accepté : 100 €. On divise 100 par 0,75 et on obtient 133 actions. Achat de 133 titres, perte plafonnée à 99,75 € si le scénario tourne. Ce calcul prend trois secondes, et il change tout.

InvestirZen propose un calculateur gratuit sur son site qui fait ça automatiquement, en intégrant les frais et le slippage. On rentre son capital, son risque, son cours d'entrée et son stop, le tableau renvoie le nombre exact de titres et le risque effectif. Pour les débutants, Christophe recommande un risque de 0,5 % du capital par trade. Sur un capital de 10 000 €, ça veut dire 50 € par position. Vingt pertes successives ne coûtent que 10 % du compte, et il suffit de 11 % de remontée pour revenir à l'équilibre. Si on perd 50 % du capital, il faut faire 100 % de performance pour récupérer. C'est asymétrique, et c'est cette asymétrie qui justifie de petites tailles.

L'outil gratuit investirzen pour calculer sa taille de position et gestion du risque

4° Viser la bougie cadeau

Quatrième concept, et probablement celui qui a fait le plus réagir le chat. La bougie cadeau, c'est une bougie à très faible volatilité qui apparaît juste sous une zone de résistance, après une dynamique haussière. Plus petite que les bougies qui la précèdent. C'est le signe d'une contraction, d'une pause juste avant un éventuel breakout.

Comment on la trade ? On achète sur la cassure du haut de la bougie cadeau. On place le stop sous le plus bas de cette même bougie. La distance d'entrée au stop est mécaniquement faible, vu que la bougie est petite. Et derrière, l'objectif est calé sur la zone de hausse possible si la résistance casse.

L'exemple qu'il a montré donne un ratio gain/risque de 13:1. Quand on a un tel ratio, le taux de réussite minimum pour être profitable tombe à 7 %. C'est-à-dire qu'on peut se planter 93 fois sur 100 et finir gagnant. Christophe a une formule pour résumer ça : "On peut être nul et profitable." J'ai noté la phrase pendant le live.

À comparer avec une bougie d'entrée volatile. Là, le stop doit s'éloigner pour ne pas se faire prendre par le bruit. Le ratio gain/risque tombe à 3:1, et le taux de réussite minimum pour être profitable monte à 32 %. Pour le même gain potentiel, il faut être 4,6 fois meilleur dans son timing. Et la taille de position est 4,6 fois plus petite, parce que le risque par titre est plus grand.

Et la bonne nouvelle, c'est que la configuration fonctionne sur toutes les unités de temps : daily, weekly, monthly. Plus l'unité de temps est élevée, plus la fiabilité est forte. Christophe a montré trois cas (un en weekly, deux en monthly) où la bougie cadeau a précédé une explosion de 80 fois et 34 fois le risque initial. Sa conclusion : ces bougies se cherchent activement. On les trouve la veille au soir, en faisant ses devoirs au calme. La méthode demande de la préparation. Au saut du lit, c'est trop tard.

Règles en swing trading : Les configurations bougies cadeaux de Christophe de la formation investirzen

5° Swing trading : Lorsqu'il n'y a pas de vent, on reste au port

Cinquième et dernier concept. Tous les marchés ne se valent pas. En période de tendance haussière, presque tout monte, y compris des dossiers très moyens. En période de baisse, rien ne tient, même les bons dossiers se font sanctionner. Et personne ne donne de médaille pour avoir tradé en période difficile.

Christophe utilise un filtre simple : la moyenne mobile 10 jours au-dessus de la moyenne mobile 20 jours pour le moyen terme, la moyenne mobile 5 au-dessus de la 10 pour le court terme. Quand les deux flux sont alignés à la hausse, le marché porte. Quand ils sont en panne, on coupe l'activité. Sa phrase de synthèse : "Lorsqu'il n'y a pas de vent, je reste au port."

Pour rendre l'idée concrète, Christophe a montré un screener interne qui identifie les valeurs correspondant à ses critères. En période favorable, il sortait 125 valeurs sur 860 éligibles. Quelques jours après une dégradation du marché, c'est tombé à 89, puis 45, puis 18, puis 9, puis 2. Si on pense pouvoir trouver les deux qui résistent encore au milieu du brouhaha, on est dans le pari aveugle.

Limiter le drawdown pendant les périodes difficiles change tout pour la suite. Quand le marché redevient porteur, le trader qui a peu perdu pendant la baisse repart sur son point haut et enchaîne sur de la performance composée. Le trader qui s'est creusé doit d'abord remonter à zéro. Sur une vie de portefeuille, c'est ce différentiel qui change tout. Pendant les périodes compliquées, si on tient à rester actif, Christophe recommande de diviser son risque par deux pour creuser le drawdown deux fois moins vite.

Comment repérer les meilleures périodes pour investir

Ces règles sont écrites pour le swing trading

Une distinction qu'on a tenu à poser pendant le live, parce qu'elle revient toujours. Tout ce que Christophe explique vaut pour ceux qui font du swing trading sur des valeurs volatiles. Ça ne s'applique pas à un investisseur qui fait du DCA mensuel sur un ETF Monde, ni à quelqu'un qui détient Air Liquide au nominatif depuis 15 ans en visant le très long terme.

L'image que j'ai donnée pendant le webinaire, c'est celle de l'effort. Le DCA, c'est de la marche à pied, voire de la randonnée. Le swing trading sur des valeurs explosives, c'est du trail ou de l'ultra marathon. Le terrain change, l'équipement aussi. La méthode de Christophe sert ceux qui veulent attaquer des configurations très volatiles, capter une partie de la hausse rapidement, et sortir avant que ça se retourne.

Sur les 95 % des particuliers qui s'attaquent au trading et perdent de l'argent, Christophe travaille avec les 2 à 5 % restants, ceux qui ont accepté que la performance demande de la discipline. Ses règles sont les garde-fous qui rendent le pari soutenable. Conduire une Ferrari sur un circuit F1 sans ceinture, ça finit toujours mal.

Et c'est ce qu'il apprend à ses membres dans la formation InvestirZen.

Pour aller plus loin

Retrouvez mon échange complet avec Christophe d'InvestirZen, sur YouTube :

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Portrait de Nicolas Chéron, expert en marchés financiers.