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Donald Trump, président des États-Unis et patron de Trump Media & Technology Group, a bâti un système qui transforme chaque décision politique en revenu privé : action DJT cotée en Bourse, meme coins $Trump et $Melania, club Mar-a-Lago à 1 million de dollars, licences immobilières dans le Golfe et paris pétroliers suspects. Cet article détaille les mécanismes, chiffres à l'appui.
Ce que tu vas apprendre :
- Comment une SPAC a fait entrer Trump Media en Bourse malgré 4 millions de chiffre d'affaires et 400 millions de pertes
- Pourquoi l'action DJT fonctionne comme un pot-de-vin légal et traçable
- Comment les baskets à 399 dollars, la Bible et les montres à 100 000 dollars contournent le financement électoral
- Comment le virage crypto de Nashville a débouché sur World Liberty Financial et les meme coins présidentiels
- Pourquoi un million de dollars à Mar-a-Lago et un lingot d'or suisse pèsent sur la politique douanière
- Comment 580 millions de dollars misés 15 minutes avant une annonce sur l'Iran interrogent sur des délits d'initié
6,5 milliards de dollars. C'est l'estimation de la fortune de Donald Trump au printemps 2026, selon le magazine Forbes.
Un patrimoine qui le place à la tête du classement des présidents les plus riches de l'histoire des États-Unis, très loin devant le reste du podium.
L'actuel locataire de la Maison Blanche était déjà milliardaire lors de son arrivée au pouvoir en 2016. Mais son second mandat n'a aucun égal dans la manière avec laquelle il arrive à en profiter financièrement, lui, sa famille et ses proches.
Donald Trump a mis en place un système ingénieux qui lui permet, grâce à sa double casquette de président et de chef d'entreprise, de s'enrichir au quotidien, au gré de ses décisions politiques.
Voici comment Trump a réussi à privatiser la Maison Blanche.
Trump : Un président coté en Bourse
Pour comprendre comment on en est arrivés là, il faut aller voir dans les rues de New York, au milieu des années 70. L'empire de Donald Trump n'est pas né de rien, il est le prolongement de celui de son père, Fred Trump, un bâtisseur de l'ombre qui a fait construire des milliers de logements pour la classe moyenne dans le Queens et à Brooklyn.
De cet héritage, Donald a tiré une leçon : la pierre est un outil de pouvoir, mais l'image de la réussite est le multiplicateur de richesse. Pendant des décennies, il a transformé le nom de son père en une marque synonyme de luxe et de victoire.
Lorsqu'il arrive au pouvoir pour son premier mandat en 2016, Trump joue une partition parfaite pour soigner son image auprès du public. Dans un geste de communication taillé pour la presse, il annonce renoncer à son salaire annuel de 400 000 dollars. Les caméras du monde entier sont convoquées pour le voir signer des chèques symboliques reversés à des organisations gouvernementales : les parcs nationaux, le département de l'Éducation ou les services de santé.
La mise en scène est parfaite. Un président proche du peuple, qui n'hésite pas à mettre la main au portefeuille dans l'intérêt général. Pourtant, derrière ce sacrifice financier se cache une stratégie d'une tout autre ampleur.
Renoncer à son salaire de président, ce n'est qu'un investissement marketing avec un seul objectif : chantonner une petite berceuse aux institutions pour préparer ce qui allait devenir, lors de son second mandat, le système d'enrichissement le plus sophistiqué jamais vu à Washington.
La toute première brique de ce système ne ressemble ni à un immeuble new-yorkais, ni à un luxueux casino. C'est un simple symbole boursier de trois lettres : D, J, T.
En février 2021, Donald Trump vient de quitter le pouvoir, toujours persuadé qu'il a remporté l'élection. Il est politiquement isolé, banni de Twitter, de Facebook et de YouTube. Mais il est très loin de jeter l'éponge. Il prépare déjà l'arme de sa revanche. Il fonde une entreprise, Trump Media & Technology Group.
L'objectif affiché à l'époque est hyper ambitieux : briser le monopole des géants de la Silicon Valley et offrir un porte-voix à ses partisans à travers son propre réseau, Truth Social. Mais cette entreprise n'est pas qu'une simple vengeance. Elle va devenir un formidable outil pour transformer son influence politique en un actif spéculatif. Et pour ça, il n'y a qu'une seule manière d'y arriver : être coté à Wall Street.
Il ne va pas passer par la grande porte. Il va utiliser une structure opaque. Son nom : Digital World Acquisition Corp. Il s'agit d'une SPAC, une Special Purpose Acquisition Company. C'est une entreprise sans activité commerciale propre, créée dans le seul but de lever des fonds en Bourse pour ensuite acquérir ou fusionner avec une entreprise existante.
Le mécanisme est complexe, mais l'intention est simple à comprendre. En fusionnant avec cette coquille vide, la société de Trump échappe aux processus habituels d'une introduction en Bourse classique, qui peuvent en décourager plus d'un.
Dès le tout premier jour de cotation de DJT, la capitalisation boursière s'envole pour atteindre des sommets délirants, dépassant même, à un instant précis, la barre des 8 milliards de dollars.

Pourtant, derrière les dorures et les discours, les chiffres officiels déposés auprès de la SEC (le gendarme de la Bourse américaine) racontent une réalité bien moins glorieuse. Pour l'année 2024, l'entreprise de Trump affiche un chiffre d'affaires dérisoire de 4 millions de dollars, pour des pertes nettes qui atteignent les 400 millions.
N'importe quel analyste financier serait d'accord : cette entreprise ne vaut rien. Elle est déficitaire, son audience sur Truth Social stagne, et son modèle économique est tout sauf viable.
C'est d'ailleurs le genre de chiffres qu'on retrouve en deux clics sur mon partenaire Zonebourse.
Le pot-de-vin devenu légal pour privatiser les USA
Ici, le marché ne valorise pas vraiment une plateforme technologique. Il valorise un homme. Il valorise un accès direct, physique et immédiat au pouvoir. Le président détient près de 60 % des actions, soit environ 114 millions de titres. Au cours actuel, ça représente un peu plus d'1 milliard de dollars.

Ça fait beaucoup pour une société qui ne produit rien et qui saigne des milliers de dollars par seconde.
La fortune personnelle d'un des chefs d'État les plus puissants au monde est corrélée aux fluctuations d'un titre boursier que n'importe qui peut décider de manipuler, pour plein de raisons différentes.
Dans le système politique américain, le financement des campagnes est théoriquement encadré par des plafonds de dons et une traçabilité via les Super PAC. Avec l'action DJT, ce n'est plus le cas.
Un milliardaire étranger, un fonds souverain ou un lobby industriel qui souhaitait obtenir une faveur administrative devait passer par des circuits complexes et risqués.
Une loi bien précise, l'Ethics in Government Act de 1978, exige que les responsables publics déclarent leurs avoirs pour éviter la corruption. Mais ce texte n'avait jamais anticipé qu'un président transformerait son bureau en une entité qui s'échange sur les marchés.
On peut imaginer la scène pour mieux comprendre : un géant de l'industrie pétrolière a besoin qu'on annule une régulation environnementale qui lui coûte des milliards. Autrefois, il aurait dû financer des campagnes de lobbying, organiser des dîners discrets et espérer un retour d'ascenseur. Aujourd'hui, le PDG n'a plus besoin de se cacher.
À 9h30, il appelle son courtier et passe un ordre d'achat de 50 millions de dollars sur l'action DJT. Sous l'effet de la demande, le cours grimpe en flèche. Le président s'enrichit en direct. Et comme par miracle, quelques jours plus tard, la régulation gênante peut être effacée par un décret présidentiel.
C'est le crime parfait : il n'y a pas de valise de billets dans un parking souterrain, pas de compte caché aux Bahamas. C'est une transaction traçable et, en apparence, tout à fait légale.
La Maison Blanche est devenue le siège social d'une firme dont le président est le principal actionnaire et le premier bénéficiaire.
Pour éviter le moindre soupçon de conflit d'intérêts, le président Jimmy Carter avait placé son business d'exploitation de cacahuètes (oui oui, il avait une ferme de cacahuètes dans l'État de Géorgie) dans un blind trust, un coffre-fort juridique dont il n'avait plus la clé. C'était la norme de la présidence moderne.
Un demi-siècle plus tard, Donald Trump a fait tout l'inverse : il a introduit son entreprise en Bourse tout en siégeant dans le Bureau ovale.
Posséder des milliards virtuels, c'est excellent pour l'ego, mais ça ne remplit pas un compte en banque. Et ça ne suffit pas non plus à payer une amende de 355 millions de dollars quand on vient de perdre un procès contre l'État de New York, en février 2024.
Quand le besoin de cash devient trop urgent, il n'y a plus trop de choix. Donald Trump tombe le masque de PDG de Wall Street pour enfiler celui d'influenceur de luxe. Et c'est là qu'on arrive dans une séquence digne du téléshopping.
Au lendemain de cette très lourde condamnation judiciaire, on le voit apparaître à la Sneaker Con de Philadelphie pour présenter des baskets dorées, clinquantes, vendues 399 dollars la paire. Les caméras du monde entier voient un homme d'État faire de la promotion pour des chaussures de sport.
Ce n'est que le début d'une offensive de merchandising sans précédent. Il lance une édition de la Bible pour 59,99 dollars. L'ironie, c'est que les centaines de milliers d'exemplaires de ce produit soi-disant ultra-patriote ont été imprimés en Chine, pour un coût de fabrication estimé à moins de 3 dollars l'unité. Il externalise la production de ses propres produits dérivés dans le pays qu'il cible de toutes ses forces dans sa guerre douanière.
Puis vient la collection de montres. Et attention, on ne parle pas ici de gadgets en plastique pour touristes. La pièce maîtresse est une montre en or massif 18 carats, sertie de 122 diamants, affichée au prix délirant de 100 000 dollars. Sur le site officiel, un avertissement juridique précise que ces montres ne sont pas politiques.
Pourtant, l'image de promotion utilisée est celle du Bureau ovale lui-même. C'est le génie de ce système : transformer le prestige de la fonction de président en un produit de luxe, tout en contournant les lois très strictes sur le financement électoral. En vendant ces produits, une immense zone grise est créée.
La volte-face crypto de Donald Trump
Un peu plus tard dans l'année, le président se met en quête d'un nouvel objectif : regagner une partie des Américains qu'il s'était mis à dos quelques années plus tôt. Le 27 juillet 2024, à Nashville, le candidat Trump monte sur la scène de la grande conférence « Bitcoin 2024 ».

L'ambiance est survoltée, digne d'un immense concert de rock. Il n'y a pas si longtemps, il qualifiait encore publiquement le Bitcoin de monnaie basée sur du vent et d'arnaque absolue qui menaçait la suprématie du dollar. Mais ce jour-là, devant une foule de néo-millionnaires de la tech en sweat à capuche, le ton a changé.
Sur scène, il déclare s'engager à faire des États-Unis la capitale mondiale incontestée de la crypto. En quelques mois à peine, il a transformé une industrie qu'il méprisait en une formidable source de financement personnel et politique. Le retournement de veste va se révéler très lucratif.
La Silicon Valley de la crypto, menée par des figures historiques comme Marc Andreessen ou les frères Winklevoss, a immédiatement répondu en signant des chèques de plusieurs millions de dollars. Le message est passé : le futur locataire du Bureau ovale est désormais l'allié inconditionnel de la blockchain.
En septembre de la même année, alors que la campagne présidentielle entre dans sa phase finale, la famille passe à l'action. Elle lance officiellement World Liberty Financial, une plateforme de finance décentralisée. Pour la première fois dans l'histoire moderne, les fils d'un futur président dirigent une entreprise financière dont le succès dépend directement des décisions réglementaires futures de leur propre père.
Le document de présentation affiche un objectif clair, presque parodique : Make Finance Great Again.
La promesse est de limoger le patron de la SEC, Gary Gensler, connu pour sa défiance envers le secteur crypto, dès le premier jour de son mandat. Et c'est exactement ce qui se passe. Le président nomme lui-même le nouveau policier des marchés, Paul Atkins, celui qui devra décider si la plateforme de ses propres enfants est conforme à la loi.
Ce nouveau far west réglementaire va donner naissance à des cryptomonnaies à l'effigie du couple présidentiel, $Trump et $Melania, lancées quelques jours seulement après l'investiture du second mandat. L'objectif affiché est d'offrir un actif numérique pour célébrer ce retour à la Maison Blanche, mais la réalité ressemble à une gigantesque machine à cash.
Ces meme coins ne reposent sur aucune économie, aucun produit, mais ils atteignent tout de même des capitalisations cumulées qui dépassent les milliards de dollars.
Et bientôt, ils ne suffiront plus à combler l'appétit du président.
Peu après sa réélection, une simple rumeur fuite dans la presse spécialisée : l'entreprise de Trump serait en discussions avancées pour avaler Bakkt, une plateforme d'échange de cryptos. La réaction est instantanée. Le simple fait de voir le nom du président associé à cette entreprise fait exploser le cours de Bakkt de plus de 160 % en quelques heures.
Tout ça sans signer un seul contrat, sans débourser un centime, uniquement grâce à l'aura du Bureau ovale. Le rachat n'ira pas à son terme, mais la démonstration de force est faite.
Et ce n'était qu'un échauffement. L'objectif n'est pas de jouer avec de l'argent numérique, mais de faire main basse sur l'industrie la plus stratégique du 21e siècle.
En décembre 2025, la presse financière lâche une bombe. Trump Media annonce un projet de fusion avec TAE Technologies. On parle ni plus ni moins que du pionnier historique de la fusion nucléaire aux États-Unis.
D'un côté, une entreprise médiatique lourdement déficitaire, qui ne produit rien d'autre que l'image d'un seul homme politique. De l'autre, des armées de physiciens de renommée mondiale, soutenus par les géants de la Silicon Valley, qui tentent littéralement de recréer l'énergie du soleil dans des réacteurs expérimentaux.
Donald Trump a un coup d'avance. Il sait que la révolution de l'intelligence artificielle va réclamer une quantité d'énergie infinie. Celui qui contrôle l'électricité de demain contrôlera l'économie mondiale. Et grâce au poids totalement artificiel de sa propre action en Bourse, la famille s'achète un ticket d'or pour s'emparer de ce futur.
Sans la moindre expertise industrielle, le président ne se contente plus de diriger le pays : il se place en position de force pour devenir le fournisseur d'énergie de référence de la prochaine décennie, et empocher les dividendes qui vont avec.
Face à une telle concentration de pouvoir, comment les grands industriels et les investisseurs étrangers font-ils pour espérer obtenir leur part du gâteau ?
Envoyer des lobbyistes en costume déambuler dans les couloirs du Congrès américain ne sert plus à grand-chose. Pour négocier avec le PDG des États-Unis, il faut un accès direct. Et ce coupe-file VIP possède une adresse bien précise.
Trump : Le ticket d'entrée à un million
Pour avoir le droit d'approcher ce pouvoir tentaculaire, et tenter de faire des affaires avec la famille Trump, il existe un endroit où vos chances sont multipliées.
Ce n'est pas à Washington que ça se passe, mais sous le soleil de la Floride. Le club privé de Mar-a-Lago, à Palm Beach, est devenu le centre névralgique de cette nouvelle manière de gouverner, de quoi faire passer les bâtiments officiels de la capitale pour de simples bureaux un peu vieillots.
Mar-a-Lago a carrément été surnommée la Maison Blanche d'hiver, et pour y accéder, il faut avoir les poches bien pleines. Lors du premier mandat, le ticket d'entrée pour devenir membre de ce club très sélect coûtait environ 200 000 dollars. C'était déjà une grosse barrière financière. Mais pour le second mandat, le droit d'entrée a explosé pour atteindre la somme folle d'un million de dollars par personne.
Un million de dollars versés directement, sans intermédiaire, sur les comptes en banque de l'entreprise familiale. Ça peut paraître énorme, mais pour des grands capitaines d'industrie, des lobbyistes ou des financiers, payer ce million pour avoir le droit de croiser le président lors d'un buffet, de lui glisser une note dans la main et de régler leurs affaires de plusieurs milliards en direct, c'est un avantage qui n'a aucun égal.
Cette carte de membre permet de contourner les processus des agences fédérales et d'influencer la politique de la première puissance mondiale, directement entre le plat principal et le dessert.
Si les grands patrons américains ont vite compris qu'il suffisait d'un chèque d'un million de dollars pour s'acheter l'oreille du président au bord de la piscine, les puissances étrangères n'ont pas mis longtemps à s'adapter, elles aussi, à ces nouvelles règles du jeu.
La Constitution américaine possède une règle d'or très stricte, la clause d'émoluments (Foreign Emoluments Clause). Son but est d'empêcher un président en exercice de s'enrichir grâce à des cadeaux ou des faveurs de puissances étrangères. Sous cette administration, ce texte ne semble plus suffisant. L'exemple le plus flagrant remonte à novembre 2025, dans ce que certains ont appelé le « Rolex-Gate ».
Une délégation de milliardaires suisses, parmi lesquels des figures majeures de l'industrie horlogère et du raffinage de métaux précieux, obtient une entrevue exclusive avec le chef de l'État. Lors de cette rencontre, ils lui offrent en mains propres un lingot d'or d'un kilo, spécialement gravé en son honneur, accompagné d'une horloge de bureau Rolex.
La valeur totale de ces cadeaux dépasse les 130 000 dollars. Dans n'importe quelle administration précédente, ces objets auraient été immédiatement confisqués et remis aux archives nationales. Ici, c'est le point de départ d'une transaction politique de très grande envergure. La réponse de l'administration américaine ne se fait pas attendre.
Quelques semaines seulement après avoir été gâté, les taxes douanières qui pesaient lourdement sur les importations suisses aux États-Unis sont abaissées. Elles passent de 39 % à seulement 15 %.
La politique douanière d'une superpuissance mondiale vient d'être dictée par des cadeaux offerts à son propre président.
Cette manière de trouver des arrangements se retrouve aussi dans le cercle familial restreint. Le gendre du président, Jared Kushner, est haut conseiller de la Maison Blanche au Moyen-Orient, et envoyé spécial pour la paix.
Par cette fonction, il a un accès direct aux chefs d'État de la région la plus instable du globe. En parallèle de cette fonction publique, il gère son propre fonds d'investissement privé, Affinity Partners.
Ce fonds contrôle plus de 6 milliards de dollars, qui ne proviennent pas de n'importe où : 99 % de ces milliards viennent directement de pays étrangers, et très majoritairement du puissant Fonds d'investissement public de l'Arabie saoudite, le PIF, contrôlé par le sommet de l'État saoudien.
Difficile d'imaginer un représentant officiel négocier la paix au Moyen-Orient au nom du peuple américain s'il est rémunéré par les puissances mêmes avec lesquelles il est censé négocier.
D'autant plus que la Trump Organization ne compte pas abandonner son amour de jeunesse : l'immobilier.
Historiquement, l'entreprise familiale bâtissait des tours de verre et d'acier dans les grandes villes des États-Unis. Après des décennies d'expérience, elle a compris une chose : couler du béton comporte de gros risques financiers.

Elle a donc choisi de changer de stratégie pour multiplier sa capacité à gagner de l'argent, sans avoir à gérer toutes les problématiques liées à la construction.
L'entreprise ne s'embête plus à acquérir des terrains et à les développer, elle loue simplement son nom. C'est la stratégie magique de la licence.
Le monde entier devient un terrain de jeu immense pour la franchise immobilière.
À Oman, un gigantesque complexe immobilier de très grand luxe, évalué à un demi-milliard de dollars, est en train de sortir de terre. Ce projet pharaonique est développé par Dar Global, la branche internationale d'un gigantesque promoteur immobilier saoudien, en collaboration avec Trump, qui y apposera son nom. Il doit être achevé fin 2028, et comprendra des villas somptueuses ainsi qu'un parcours de golf de classe internationale.
La beauté du montage financier fait que ce projet rapporte déjà des dizaines de millions de dollars de royalties directes au président, encore en plein exercice de son mandat.
L'argent des promoteurs du Golfe coule dans les caisses de l'entreprise familiale, de quoi financer légalement le patrimoine privé du chef de l'État.
Des paris qui devinent la Maison Blanche
Tout ce qu'on vient de raconter paraît presque anecdotique lorsqu'on s'intéresse au centre de l'enrichissement lié à l'administration Trump, qui se joue dans l'ombre des marchés mondiaux de l'énergie.
C'est ici, loin des caméras, que les décisions géopolitiques de la planète viennent se mêler à des mouvements financiers extrêmement précis et lucratifs. Au printemps 2026, l'atmosphère mondiale est électrique.
Au Moyen-Orient, la tension militaire a atteint un point de rupture inédit. La planète entière a les yeux rivés sur le détroit d'Ormuz et le cours du baril de pétrole. La moindre étincelle peut embraser l'économie mondiale. C'est dans ce climat d'instabilité extrême, où plus rien ne semble joué d'avance, que le monde va être témoin de transactions boursières qui défient le hasard.
Le 23 mars 2026. Il est très exactement 6h49 du matin sur la côte Est des États-Unis. Des acteurs financiers totalement anonymes placent un pari titanesque : 580 millions de dollars. Plus d'un demi-milliard est misé à découvert sur un seul et unique scénario : la chute brutale et imminente du cours du pétrole.
Ce mouvement n'a aucun sens au vu des tensions extrêmes de la veille dans la région. Miser à la baisse à cet instant précis, c'est de la folie.
Pourtant, 15 minutes plus tard, tout s'explique. Le président publie un message sur Truth Social pour annoncer, à la surprise générale du monde diplomatique, une pause inattendue dans les frappes américaines contre l'Iran. La réaction des marchés est immédiate. Le cours du pétrole s'effondre instantanément de 10 %.
Ceux qui avaient parié à la baisse un quart d'heure plus tôt encaissent des profits colossaux : des dizaines de millions de dollars en quelques secondes.
Le même schéma se reproduit à peine 2 semaines plus tard, le 7 avril, avec un nouveau pari massif de 950 millions de dollars juste avant l'annonce surprise d'un cessez-le-feu. Le 17 avril, 760 millions de dollars sont investis à la baisse dans les minutes qui précèdent l'annonce officielle de la réouverture du détroit d'Ormuz. Le 21 avril, 430 millions de nouveau investis.
À ce point-là, des fonds anonymes semblent capables de prédire le futur avec une boule de cristal qui devine la politique étrangère américaine avant même les alliés européens ou les généraux du Pentagone.
Ces paris génèrent des centaines de millions de bénéfices au nez et à la barbe des régulateurs, qui ne peuvent pas y faire grand-chose. Les sénateurs américains exigent des enquêtes approfondies sur ces mouvements opaques, mais l'information classifiée est déjà devenue la matière première la plus rentable de Wall Street.
Cette capacité à tout prédire s'étend comme un virus aux plateformes de paris en ligne de la nouvelle génération, où la politique internationale devient un casino à ciel ouvert. Sur ces plateformes non régulées, où les utilisateurs peuvent miser de la cryptomonnaie sur des événements réels, des analystes financiers indépendants découvrent une activité totalement anormale.
6 comptes sortis de nulle part ont mystérieusement empoché 1,2 million de dollars, avec visiblement la même boule de cristal que les traders du marché des matières premières. Ils ont parié sur la date précise, au jour près, d'une frappe militaire américaine ciblée contre l'Iran.
Et à y regarder de plus près, la gouvernance même de ces plateformes pose question. Le propre fils du président se trouve être un investisseur majeur et un conseiller stratégique de premier plan pour Kalshi et Polymarket, les leaders du marché de la prédiction. La frontière entre le secret Défense, la sécurité nationale des États-Unis et les paris du cercle très fermé de la famille présidentielle est pulvérisée.
Chaque transaction suspecte n'émane pas directement de la famille présidentielle. Tous les maillons de la chaîne de décision peuvent prendre part à cette course au profit. C'est le cas de Gannon Ken Van Dyke, un soldat américain impliqué dans l'opération d'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, qui a empoché 400 000 dollars en pariant sur la date précise de cet événement.
Les avocats payés par les électeurs
On dirait que tout ce système fonctionne en toute impunité. Mais cette machine à cash a besoin d'une défense juridique imperméable face à tous les procès civils et pénaux qui ciblent en permanence le président et ses entreprises.
Et là encore, il y a une solution.
Il a accumulé plus de 100 millions de dollars en frais d'avocats et en condamnations. Pour régler de telles factures, n'importe quel autre milliardaire de la planète aurait dû puiser dans sa propre fortune personnelle ou liquider une partie de son empire immobilier.
Mais pas Donald Trump. Il n'a pratiquement rien déboursé de sa propre poche. Pour payer son armée d'avocats, il a utilisé l'argent de ses propres comités d'action politique, les fameux PACs, comme Save America.
Ces structures de financement électoral sont majoritairement, pour ne pas dire exclusivement, financées par de toutes petites donations régulières envoyées par des électeurs de la classe moyenne.
Des retraités, des ouvriers, des travailleurs sont convaincus de financer un mouvement politique pour sauver leur pays. Mais grâce à un montage comptable dont lui seul a le secret, il s'assure de payer ses frais de justice tout en gardant son propre capital immobilier totalement intact.
Lors de son tout premier passage au pouvoir, il restait chez Donald Trump une illusion de retenue.
Aujourd'hui, le pouvoir absolu de l'État et le commerce privé ne font plus qu'un.
La présidence des États-Unis n'est plus une fonction. C'est devenu la filiale la plus redoutable de sa propre entreprise.
Pour aller plus loin
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