AXA : 400 Md€ sous gestion, l'Investissement à l'épreuve du Monde

.jpg)
Sommaire
Avec 450 milliards d’euros sous gestion, AXA n’investit pas comme un fonds opportuniste. La logique n’est pas de battre un indice cette année, ni de réussir un coup. La logique est d'être là quand les assurés en auront besoin, y compris dans 10, 20 ou 30 ans.
C’est précisément le sujet dont j’ai parlé avec Jean-Baptiste Tricot, Directeur Groupe des Investissements d’AXA, au Palais Brongniart.
Investir pour honorer des engagements, pas pour battre un indice
Chez AXA, "l’étoile polaire”, c’est le respect des engagements. Dit autrement, le groupe investit pour être certain que lorsque l’assuré aura un besoin, AXA sera présent. C’est la logique de la gestion actif-passif, il faut que les actifs du groupe soient cohérents avec les engagements qu’il a pris.
Cela explique une grande partie de la structure du portefeuille. AXA a une préférence claire pour les actifs obligataires. On parle principalement d’obligations d’État, mais aussi de financements d’entreprises, de projets immobiliers et d’infrastructures. Au total, cela représente environ 80 % de l’allocation. Le reste est investi dans des actifs plus dynamiques comme les actions cotées, le private equity, l’immobilier...
Cette approche défensive n’empêche pas la diversification. Au contraire, elle la rend indispensable. AXA cherche à ne pas dépendre d’un seul actif, d’un seul projet ou d’une seule zone géographique.
Climat et transition : AXA veut décarboner ses portefeuilles sans sacrifier la performance
Le sujet du climat est évidemment central pour un assureur. Depuis quinze ans, les périls montent. Ils montent en fréquence, en intensité, et chaque année, cela ne va pas mieux. Pour AXA, c'est un vrai sujet. Le groupe doit protéger ses clients dans un monde où les catastrophes naturelles deviennent plus fréquentes et plus coûteuses.
Côté investissements, cela se traduit d’abord par faire baisser de plus de 50 % l’intensité carbone du portefeuille d’ici 2030 par rapport à 2019. Mais là aussi, le plus intéressant est peut-être dans la façon dont Jean-Baptiste Tricot en parle. AXA regarde la stratégie des entreprises dans lesquelles il investit, non seulement sur le plan commercial ou financier, mais aussi sur leur capacité d’adaptation et de transition. Une entreprise qui ne regarde pas assez loin risque d’être moins pertinente demain.
Le groupe investit aussi massivement dans la transition énergétique. Jean-Baptiste Tricot évoque environ 5 milliards d’euros investis chaque année dans ce type d’opportunités dans les pays développés, et plus de 500 millions par an dans les pays émergents, où les besoins en capitaux sont encore plus importants. Ce qu’il ajoute, et c’est un point important, c’est que cela ne se fait pas au détriment de la rentabilité. Il insiste même sur le fait qu’il vérifie chaque mois que ces investissements sont faits dans des conditions au moins aussi bonnes que le reste du portefeuille. Sur la partie actions, il affirme aussi que les politiques d’investissement responsable ont eu une contribution positive depuis 2020, notamment parce qu’elles ont évité certains secteurs trop cycliques ou de faible croissance.
IA, data centers, défense : AXA ne cherche pas à deviner le vainqueur, mais à financer ceux qui rendent la vague possible
Sur l’intelligence artificielle, Jean-Baptiste Tricot voit clairement l’IA comme une “general purpose technology”, donc comme une technologie de diffusion large, capable de créer de vrais gains de productivité dans l’économie. En revanche, il n’a pas l’air de vouloir jouer au prévisionniste sur le nom du grand gagnant final. Il distingue trois familles : ceux qui fournissent la technologie, ceux qui l’utilisent, et ceux qui rendent cette croissance possible.
C’est cette troisième catégorie qui l’intéresse le plus aujourd’hui. Il parle des “enablers”, ceux qui permettent à toute cette vague d’exister. Cela inclut les data centers, les télécoms, l’énergie et les utilities. L’idée est assez simple : plutôt que de parier sur la technologie gagnante, AXA préfère souvent se positionner sur les infrastructures dont tout le monde aura besoin. Cette logique vaut aussi pour les data centers, où le groupe est déjà investi, et où il compte continuer à investir, soit via du financement de projet, soit via des détentions plus directes.
Même chose sur la défense. Jean-Baptiste Tricot le dit sans détour : AXA investit dans ce secteur depuis des années, se sent très à l’aise avec lui, et compte continuer à le faire. Avec le retour des enjeux de souveraineté et la remise en question de certaines alliances transatlantiques, le sujet a repris une place centrale en Europe. Là encore, AXA regarde à la fois les actifs cotés et les actifs privés. Il cite notamment certaines solutions proposées par la BPI et des acteurs privés spécialisés. Plus largement, il accueille très positivement les propositions de simplification et de compétitivité venues de la Commission européenne, en disant en substance qu’il faut aller plus vite, plus loin, et ne plus se satisfaire d’une croissance européenne un peu molle.
La cession d’AXA IM, les dividendes, et ce que Jean-Baptiste Tricot fait lui-même
Nous avons aussi parlé d’AXA Investment Managers, cédé à BNP Paribas. Là encore, Jean-Baptiste Tricot replace la décision dans une logique industrielle plus large. L’asset management est un marché en pleine consolidation, avec des acteurs américains gigantesques et une concentration de plus en plus forte. Pour AXA, le rapprochement avec BNP Paribas permettait de créer un champion européen plus solide, tout en gardant un partenariat de long terme avec des équipes que le groupe connaît bien. Ce n’est donc pas un désengagement total, mais plutôt une façon de s’adapter à un marché qui change.
Sur le dividende, son message est cohérent avec le reste. AXA bénéficie d’un profil très diversifié, à la fois dans ses métiers, assurance santé, assurance vie, assurance de biens, et dans ses géographies. Cette diversification permet au groupe de générer des flux de trésorerie réguliers, qu’il peut ensuite partager avec ses actionnaires à travers le dividende et des rachats d’actions. Là encore, la logique est moins spectaculaire qu’une promesse de rendement à court terme. C’est une logique de continuité.
Enfin, je lui ai demandé ce qu’il conseillerait aux investisseurs particuliers, ou en tout cas quelle était sa propre méthode. Sa réponse est très simple : rester progressif. Il parle de versements réguliers, de diversification des points d’entrée, et explique que c’est d’ailleurs ce qu’il fait lui-même. Il cite le DCA, les achats programmés, comme une méthode efficace pour éviter d’essayer de timer le marché. Son idée est que la stratégie d’investissement doit d’abord partir des objectifs de chacun, avec une vraie planification. Et il a terminé l’échange en disant qu’il était lui-même actionnaire d’AXA depuis près de dix-neuf ans, notamment via les programmes d’actionnariat salarié du groupe.
Pour aller plus loin
Retrouvez mon échange complet avec Jean-Baptiste Tricot, Directeur Groupe des Investissements d’AXA, sur YouTube.
Ma lettre pour décrypter les marchés financiers
Mes 20 ans d'expérience sur les marchés financiers, en quelques minutes de lecture. Bâtissons le portefeuille qui te ressemble.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse varius enim in eros elementum tristique. Duis cursus, mi quis viverra ornare, eros dolor interdum nulla, ut commodo diam libero vitae erat. Aenean faucibus nibh et justo cursus id rutrum lorem imperdiet. Nunc ut sem vitae risus tristique posuere.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse varius enim in eros elementum tristique. Duis cursus, mi quis viverra ornare, eros dolor interdum nulla, ut commodo diam libero vitae erat. Aenean faucibus nibh et justo cursus id rutrum lorem imperdiet. Nunc ut sem vitae risus tristique posuere.
Mes 20 ans d'expérience sur les marchés financiers, en quelques minutes de lecture. Bâtissons le portefeuille qui te ressemble.




