Palantir : l'entreprise la plus dangereuse de Wall Street


Sommaire
Palantir, fondée en 2003 par Peter Thiel et Alex Karp et financée dès le départ par In-Q-Tel, le fonds de la CIA, est devenue un logiciel de décision dont armées, gouvernements et multinationales ne peuvent plus se passer. Son histoire, de Gotham à Foundry puis AIP, montre comment une entreprise opaque a atteint 300 milliards de dollars de valorisation malgré le pari contraire de Michael Burry.
Ce que tu vas apprendre :
- Pourquoi le 11 septembre 2001 a poussé Peter Thiel à créer Palantir avec Alex Karp
- Comment la CIA a financé Gotham via In-Q-Tel et ce que ce logiciel croise comme données
- Pourquoi Michael Burry a vendu Palantir à découvert en novembre 2025
- Comment Palantir rend ses clients dépendants, jusqu'au contrat de 10 milliards de dollars avec l'armée américaine
- Comment Foundry a séduit Airbus (A350 assemblé 33 % plus vite) et le NHS
- Pourquoi la police prédictive de Los Angeles et la plateforme AIP posent question
Le 30 septembre 2020, une entreprise opaque fait son entrée à la Bourse de New York.
Ce jour-là, de nombreux analystes de Wall Street s'inquiètent de son modèle économique, qui repose largement sur les budgets militaires et le secret industriel.
Des investisseurs reconnus, persuadés qu'il s'agit d'un gouffre financier dépendant des États, décident même de parier massivement contre elle en vendant son titre à découvert.
Ils avaient tous tort.
Au premier trimestre 2026, cette même entreprise affiche une croissance annuelle hallucinante de 85 %, amasse près de 8 milliards de dollars de trésorerie et voit sa valorisation boursière dépasser la barre des 300 milliards de dollars. Tout ça sans jamais vendre le moindre produit au grand public ni diffuser de publicité à la télévision.
Son secret : avoir conçu un algorithme d'analyse d'abord financé par la CIA, puis avoir réussi à l'imposer comme un logiciel de décision si critique que les gouvernements, les banques et les géants industriels sont devenus incapables de s'en passer.
Bienvenue dans la machine à cash la plus fascinante et la plus dangereuse de Wall Street : Palantir. Une société qui a réussi l'exploit de s'infiltrer dans la quasi-totalité des secteurs stratégiques de notre quotidien, sans que le grand public ne s'en aperçoive, et qui a rendu au passage ses fondateurs immensément riches.
Un pari né du 11 septembre
Au tout début des années 2000, Peter Thiel, un entrepreneur déjà connu pour être le cofondateur du géant du paiement PayPal et l'un des tout premiers investisseurs de Facebook, a une ambition : créer une entreprise capable d'exploiter la puissance de la donnée pour protéger l'Amérique.
Aujourd'hui, parler d'analyse de données ou de Big Data, c'est banal. Mais en l'an 2000, c'est une vision hyper en avance sur son temps.
Peter Thiel n'est pas n'importe quel entrepreneur. C'est un homme engagé sur le plan politique, une figure de proue du mouvement libertarien, anti-État et pro-liberté individuelle.
Il est convaincu, au plus profond de lui-même, que les États-Unis sont en retard et qu'ils ne collaborent pas suffisamment avec le secteur technologique et informatique pour contrer les nouvelles menaces.
Ce qui le pousse à ce constat, c'est la plus grosse tragédie qui va se dérouler sur le territoire américain, le 11 septembre 2001, en plein cœur de New York. Le monde bascule.
Quelques heures seulement après l'effondrement des tours jumelles, les autorités américaines réalisent qu'elles n'ont pas réussi à prédire ni à empêcher cette attaque, malgré la quantité astronomique d'informations qu'elles avaient déjà à leur disposition.
Le climat aux États-Unis devient un mélange de peur, de panique et de paranoïa. Le problème mis en lumière par les commissions d'enquête, c'est que les différentes agences de renseignement américaines fonctionnaient en vase clos. Elles ne communiquaient pas entre elles.
La CIA détenait des fragments d'informations, le FBI aussi, et l'armée disposait de ses propres rapports. Mais personne n'était en mesure de faire communiquer toutes ces données ensemble.
À partir de ce moment précis, il a fallu réagir. Les États-Unis vont se lancer dans une quête proche de l'obsession : transformer la donnée brute en une arme de guerre.
Selon Peter Thiel, il est impératif de construire une plateforme technologique capable de voir à l'intérieur des données ce que l'œil humain ou les analystes traditionnels sont incapables de détecter.
Pour donner vie à ce projet encore très abstrait, il sait qu'il doit s'entourer d'esprits brillants. Son choix se porte sur un profil pour le moins inattendu : Alex Karp.
Derrière une coupe de cheveux disons... atypique, Alex Karp est un intellectuel pur et dur, un doctorant en théorie sociale, diplômé en droit de la prestigieuse université de Stanford. C'est d'ailleurs là-bas que les deux se sont rencontrés.
Ils passent leurs soirées à débattre de la place de l'État dans la société, du socialisme face au capitalisme. Bref, ils ne sont pas d'accord, mais ils adorent ça.

Tout semble opposer Peter Thiel, libertarien capitaliste assumé, et Alex Karp, philosophe aux tendances néo-marxistes. Mais ils finissent par se retrouver autour d'une conviction commune : la donnée sera l'outil absolu pour construire, ou du moins contrôler, le monde de demain.
C'est cette alliance improbable qui les pousse à fonder officiellement Palantir au mois de mai 2003. Le nom même de l'entreprise est une référence directe au Seigneur des Anneaux.
Dans l'œuvre de Tolkien, un Palantir est une pierre de vision, un globe mystique qui permet d'observer des événements à une distance infinie et de communiquer à travers l'espace. C'est exactement l'ambition que les deux fondateurs ont pour leur création, mais appliquée au monde réel.
Pour y arriver, ils intègrent deux autres profils clés. D'abord Stephen Cohen, un ingénieur, qui va coder et développer les tout premiers prototypes fonctionnels de Palantir en l'espace de quelques semaines. Ensuite Joe Lonsdale, un analyste financier issu du fonds d'investissement de Peter Thiel, dont le rôle sera de s'assurer que ces concepts soient commercialisables.
La promesse de l'entreprise, telle qu'on peut la lire sur son site internet, est d'imaginer la technologie nécessaire pour aider les institutions mondiales à protéger la liberté. Une formulation rassurante, qui sonne bien.
Mais derrière ces mots bien choisis se cache une réalité qui peut poser pas mal de questions. D'autant plus que la naissance de Palantir est rendue possible grâce à une alliance décisive avec une institution qui va tout changer : la CIA.
Gotham, l'arme financée par la CIA
L'agence centrale de renseignement américaine ne s'est pas contentée de regarder Palantir de loin ou d'être un simple client. Elle a presque tout financé.
Depuis 1999, la CIA possède son propre fonds d'investissement stratégique, In-Q-Tel. L'objectif de ce fonds très particulier est d'investir de l'argent public pour financer des technologies émergentes dont le renseignement américain pense avoir besoin.
Dès les débuts de l'aventure Palantir, In-Q-Tel injecte 2 millions de dollars dans la start-up, une somme qui vient s'ajouter aux 30 millions de dollars apportés directement par Peter Thiel, devenu richissime à la suite de la vente de PayPal à eBay.
La CIA a été immédiatement séduite par le projet de Palantir, parce qu'il promettait de créer une sorte de super-logiciel capable de scruter tout ce qui se passe en temps réel.
Ce logiciel est capable d'aspirer des données, mais surtout de relier des points invisibles entre eux, d'analyser l'ensemble du réseau d'informations et de fournir des rapports ultra précis.
C'était du pain béni pour la CIA, le rêve absolu de toute agence de sécurité : un Big Brother des temps modernes capable de scanner le monde et de comprendre des flux d'informations insignifiants pour le commun des mortels.
Et pour continuer dans les noms issus de la fiction, Palantir a baptisé ce logiciel Gotham. Une référence directe à Gotham City, la ville sombre, rongée par le crime et surveillée par Batman.
Sur la page web qui présente le logiciel, la description ne laisse aucune place au doute. Il y est écrit noir sur blanc : « Votre logiciel est votre arme ».
Ce que Palantir vend avec Gotham, c'est une interface visuelle et analytique surpuissante qui croise des montagnes de données provenant de sources qui n'ont strictement rien à voir les unes avec les autres.
D'un côté, vous injectez des millions d'emails, des relevés d'appels téléphoniques, des transactions bancaires. De l'autre, vous ajoutez des trajets GPS de véhicules, des dossiers administratifs, des images satellites de haute résolution, ou encore des publications sur les réseaux sociaux.
Gotham agit comme un cerveau artificiel qui relie automatiquement tous ces éléments pour faire émerger des connexions invisibles. Si un nom banal revient de manière récurrente dans plusieurs dossiers, ou si un véhicule est détecté à plusieurs reprises par des caméras de surveillance dans des zones considérées comme sensibles, le logiciel remonte l'anomalie.
Gotham revendique la capacité de remplacer le travail de centaines d'agents humains en un temps record. Le logiciel hiérarchise les menaces potentielles, classe les individus selon des scores de risque, repère les comportements suspects avant même qu'ils n'agissent.
Le FBI commence à l'utiliser massivement dans ses enquêtes antiterroristes sur le sol national, tandis que l'armée américaine le déploie sur des opérations étrangères, en particulier pour démanteler les réseaux talibans en Afghanistan.
Un événement construit la légende de l'entreprise : certains analystes de la défense commencent à raconter que c'est l'algorithme de Gotham qui aurait permis de relier les derniers points nécessaires pour localiser la cachette d'Oussama Ben Laden.

À partir de ce moment-là, Palantir n'est plus une simple start-up de la Silicon Valley, c'est le bras droit de l'armée occidentale. Et logiquement, cette technologie va vite s'exporter.
En 2016, en France, la Direction générale de la sécurité intérieure, la DGSI, signe un contrat pour s'équiper du logiciel. Le timing de cette décision est loin d'être anodin. À l'instar des États-Unis au lendemain du 11 septembre, la France est encore sous le choc de la vague d'attentats terroristes de novembre 2015.
Les services de renseignement sont débordés, et surtout sous-équipés technologiquement pour traiter une telle masse d'informations. Palantir apparaît comme l'unique bouée de sauvetage capable de soulager des analystes épuisés et, surtout, d'éviter à tout prix que ça se reproduise.
L'armée française se met également à tester Gotham pour ses propres opérations militaires extérieures. L'objectif : anticiper les mouvements des troupes ennemies, déjouer les embuscades et croiser en direct les observations des soldats sur le terrain avec les données satellites.
Au moment où j'écris ces lignes, en juin 2026, l'État français a finalement choisi de rompre le contrat avec Palantir au profit d'une société française qui va la remplacer, ChapsVision. D'autres nations européennes majeures, comme le Royaume-Uni, l'Allemagne ou encore la Suède, continuent d'adopter le programme pour sécuriser leurs territoires.
Mais à mesure que l'empire de Palantir s'étend à travers le monde, beaucoup d'interrogations commencent à se soulever.
Pendant très longtemps, les géants de la Silicon Valley, comme Google, Facebook ou Apple, ont vendu le rêve de connecter le monde, de rendre l'information libre et de créer une société plus ouverte. Palantir, de son côté, a bâti son empire sur l'exact inverse : l'objectif n'est pas de connecter les citoyens, mais de les surveiller. Ou, selon le discours d'entreprise officiel, de les comprendre.
Michael Burry parie contre
Cette opacité est le cœur du business model de l'entreprise. Presque personne en dehors d'un cercle très restreint de dirigeants ne sait comment l'entreprise fonctionne de l'intérieur, alors que de nombreux gouvernements du monde entier l'utilisent au quotidien.
C'est une société privée qui a un accès direct et illimité à certaines des bases de données les plus intimes de l'humanité, sans aucun droit de regard possible.
Lors de l'introduction en Bourse de Palantir en septembre 2020, les marchés financiers ont découvert une forme de gouvernance assez particulière. Grâce à un montage juridique ingénieux, Peter Thiel, Alex Karp et leurs plus proches collaborateurs historiques ont conservé un contrôle total sur les décisions stratégiques de l'entreprise.
Peu importe si vous achetez cent ou un million d'actions, votre droit de vote est neutralisé.
C'est ce qui a provoqué une certaine stupeur à Wall Street, et qui a attiré l'attention de gros investisseurs. L'exemple le plus parlant est très certainement Michael Burry.
Ce gestionnaire de fonds a été rendu mondialement célèbre pour avoir prédit avec exactitude l'effondrement du marché immobilier américain lors de la crise des subprimes en 2008. Son histoire a été adaptée au cinéma dans le film The Big Short, porté par l'acteur Christian Bale.
Michael (le vrai) a scruté de très près le dossier Palantir. Alors que la majorité des investisseurs et des fonds d'investissement achetaient l'action, convaincus par cette idée d'une intelligence artificielle toute-puissante, Michael Burry a repéré des failles.
Il a observé une valorisation boursière déconnectée de toute réalité comptable, une entreprise qui distribuait des quantités faramineuses d'actions gratuites à ses propres dirigeants, de quoi diluer la valeur pour les petits actionnaires.

Mais surtout, il a souligné un modèle économique ultra-dépendant de l'argent public. Une entreprise dont le chiffre d'affaires repose presque exclusivement sur le bon vouloir des agences gouvernementales, elles-mêmes soumises à des échéances politiques.
Si vous voulez apprendre à décortiquer une entreprise avant d'acheter ses actions, jetez un œil à la formation MasterBourse.
En novembre 2025, il a donc parié contre l'entreprise, en vendant le titre à découvert, persuadé que l'écran de fumée allait bientôt disparaître.
Au moment où j'écris, il semble avoir vu juste, puisque la capitalisation boursière a fondu de près d'un tiers, à un peu plus de 300 milliards de dollars.
Le piège de la dépendance
Le danger majeur avec Palantir, ou sa force commerciale selon le point de vue qu'on adopte, c'est la création d'une dépendance.
Palantir ne se contente pas de vendre une simple licence. L'entreprise s'intègre lentement dans la façon même dont une entreprise ou une institution s'organise et prend des décisions.
Les contrats initiaux sont souvent signés pour des durées de 1, 3 ou 5 ans, pour répondre à un besoin précis, souvent en période de crise.
L'entrée se fait par une petite porte, mais avec le temps, le piège se referme. Les équipes du client commencent à travailler exclusivement dans l'environnement de Palantir. L'ensemble des processus de décision, des bases de données, tout est méticuleusement restructuré et reformaté autour de l'algorithme du logiciel.
Petit à petit, Palantir cesse d'être un prestataire de services informatiques pour devenir la cellule de décision. Une fois cette étape franchie, le coût de sortie devient trop gros.
Remplacer Palantir, ce n'est plus seulement désinstaller un programme, c'est paralyser l'entreprise en question, reformer des employés, reconstruire de zéro des bases de données.
En 2025, l'armée américaine a signé avec Palantir un accord colossal de 10 milliards de dollars étalés sur une décennie. Ce contrat titanesque ne représentait pas la souscription d'un nouveau service, mais la fusion de 75 contrats distincts qui existaient déjà.

L'armée américaine n'a pas subitement choisi Palantir, elle a réalisé qu'elle en était devenue totalement dépendante. Et bientôt, cette dépendance allait s'exporter en dehors du cadre militaire.
Foundry à la conquête du civil
Forts de leur expérience, Peter Thiel et Alex Karp ont eu envie de voir plus loin et de tenter de conquérir le secteur civil. Ils ont mis au point une déclinaison de leur logiciel phare, rebaptisée Foundry.
Si Gotham est l'arme des espions, Foundry est le tableau de bord ultime pour les dirigeants de multinationales. Le logiciel s'adresse aux hôpitaux, aux opérateurs de transport, aux groupes pharmaceutiques et à toute entreprise qui veut mesurer, optimiser et prendre de meilleures décisions.
La promesse est identique à celle faite à la CIA, mais orientée vers l'optimisation des profits.
Airbus est devenu l'un des clients emblématiques de Foundry. Le constructeur l'utilise pour analyser l'intégralité de sa chaîne logistique mondiale.
Là où des armées d'analystes s'épuisaient sur des tableurs Excel, Foundry connecte les données de centaines de fournisseurs en temps réel, histoire d'être en mesure d'anticiper les ruptures de stock, de la plus petite vis jusqu'au réacteur d'avion.
Airbus a officiellement déclaré que l'utilisation de Foundry a accéléré l'assemblage et la livraison de son modèle A350 de 33 %. Sur le plan économique, c'est une révolution.
Au Royaume-Uni, le service de santé public, le NHS, a signé un contrat de plus de 300 millions de livres sterling avec Palantir, fin 2023. Les hôpitaux souhaitaient utiliser la puissance de Foundry pour gérer l'ensemble des flux de patients à l'échelle du pays, optimiser la gestion des lits d'hôpitaux et anticiper les épidémies.
Un logiciel pour le bien.
Police prédictive et IA fermée
Mais c'est sur le sol américain que Palantir a montré que les dérives sécuritaires n'étaient jamais très loin. L'entreprise a participé à la création d'un concept éthiquement discutable : la police prédictive.
À Los Angeles, entre 2012 et 2018, la police locale a collaboré avec Palantir dans le cadre de l'Opération LASER. L'idée était d'exploiter les données historiques d'arrestations, les liens sociaux et les comportements pour prédire où, quand et surtout par qui un futur crime allait être commis.
Gotham générait des listes de citoyens classés à risque, ciblés non pas pour des actes répréhensibles commis, mais pour leur probabilité d'en commettre à l'avenir, souvent basée sur des biais raciaux ou leur présence dans des quartiers défavorisés.
Des innocents se sont retrouvés harcelés par des patrouilles préventives simplement parce que la machine les avait identifiés comme statistiquement dangereux.

Sous la pression massive d'ONG montées au créneau pour dénoncer un profilage algorithmique, le programme a été arrêté. Mais le concept, lui, n'a cessé de se développer.
En juin 2025, alors que les tensions migratoires faisaient la une de l'actualité aux États-Unis, Palantir aurait été missionnée par l'administration Trump pour concocter une base de données centralisée destinée à recenser tous les citoyens américains, en utilisant leurs données fiscales, policières et sociales.
Ce nouveau chantier arrive après que Palantir a signé un contrat à 30 millions de dollars avec la police de l'immigration, l'ICE, pour ficher les migrants tentant de franchir les frontières.
C'est ici que l'histoire de Palantir bascule dans une nouvelle dimension, celle qui rend fous de joie les algorithmes de trading à Wall Street et qui explique la dynamique financière délirante de l'entreprise.
Avec l'explosion de l'intelligence artificielle générative et l'apparition d'outils comme ChatGPT, le marché s'est trouvé face à un nouveau mur. Les gouvernements et les multinationales veulent utiliser l'intelligence artificielle pour optimiser leurs process, mais ils sont terrorisés à l'idée de confier leurs données ultrasecrètes à des modèles publics ouverts à tous.
Palantir a immédiatement senti l'opportunité de s'engouffrer dans cette faille sécuritaire en lançant sa nouvelle plateforme, AIP, pour Artificial Intelligence Platform.
Le concept : proposer une infrastructure fermée et sécurisée, avec laquelle les militaires et les multinationales utilisent des modèles d'intelligence artificielle sur leurs propres réseaux, sans jamais que la donnée ne fuite à l'extérieur.
Palantir ne veut plus se contenter d'être un logiciel d'analyse. Son objectif suprême est de devenir le système d'exploitation par lequel passeront toutes les intelligences artificielles du monde réel. Ils veulent devenir pour l'IA institutionnelle ce que Windows a été pour l'ordinateur personnel.
Et cette perspective stratégique est en train de se matérialiser à une vitesse qui donne le vertige. Les revenus générés par le secteur civil américain explosent, au point de presque rattraper les contrats gouvernementaux historiques, sans encore les dépasser.
L'entreprise qui inquiétait à cause de ses liens avec la CIA est aujourd'hui adorée par la finance mondiale pour ses capacités analytiques exceptionnelles.
Palantir prospère sur les angoisses de notre époque. Plus le monde moderne devient chaotique, saturé d'informations, fracturé par les tensions géopolitiques, les menaces de cyberattaques et l'instabilité économique, plus les dirigeants politiques et les PDG cèdent à la panique.
Et plus ils paniquent, plus ils supplient Palantir de leur fournir le contrôle que seul le logiciel semble leur promettre.
Pour aller plus loin
Retrouvez la vidéo complète sur YouTube : Palantir : L'entreprise la plus dangereuse de Wall Street
Ma lettre pour décrypter les marchés financiers
Mes 20 ans d'expérience sur les marchés financiers, en quelques minutes de lecture. Bâtissons le portefeuille qui te ressemble.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse varius enim in eros elementum tristique. Duis cursus, mi quis viverra ornare, eros dolor interdum nulla, ut commodo diam libero vitae erat. Aenean faucibus nibh et justo cursus id rutrum lorem imperdiet. Nunc ut sem vitae risus tristique posuere.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse varius enim in eros elementum tristique. Duis cursus, mi quis viverra ornare, eros dolor interdum nulla, ut commodo diam libero vitae erat. Aenean faucibus nibh et justo cursus id rutrum lorem imperdiet. Nunc ut sem vitae risus tristique posuere.
& responsabilité
Les contenus proposés visent à partager des analyses et des clés de compréhension. Ils ne constituent pas des conseils en investissement, juridiques ou financiers. Chaque décision relève de la responsabilité de l’utilisateur.
& affiliation
Certains contenus, liens ou recommandations présents sur ce site peuvent faire l’objet de partenariats ou de programmes d’affiliation.
Cela signifie que l’éditeur peut percevoir une commission en cas d’action réalisée via ces liens, sans coût supplémentaire pour l’utilisateur. Ces partenariats n’influencent pas l’indépendance éditoriale ni les opinions exprimées.
Mes 20 ans d'expérience sur les marchés financiers, en quelques minutes de lecture. Bâtissons le portefeuille qui te ressemble.




